Le pic épeiche - Suur-kirjurähn

Publié le 10 Janvier 2017

Pic épeiche à Palsi talu
Pic épeiche à Palsi talu
Pic épeiche à Palsi talu
Pic épeiche à Palsi talu
Pic épeiche à Palsi talu

Pic épeiche à Palsi talu

Le pic épeiche est un symbole (chez les Romains, c’était un oiseau prophétique) qui plaide en faveur du maintien des grands et vieux arbres aussi bien dans les villes et villages qu’en milieu agricole ou en forêt. Et il joue, par son activité incessante, un rôle fondamental dans l'écologie des forêts.
La sylviculture intensive conduit à une homogénéisation des peuplements forestiers et à un abaissement de l'âge moyen des arbres. Les vieux arbres qui dépérissent, les chandelles (parties du tronc qui restent au sol lorsqu'un arbre a été cassé), les chablis (arbres déracinés tombés au sol), sont systématiquement éliminés au profit d'une exploitation à vocation économique et touristique, laquelle laisse de moins en moins de place aux pics. Une forêt sans pics est une forêt morte. Dans les réserves biologiques intégrales de la forêt de Fontainebleau en France ou de la forêt de Bielowieza en Pologne, la densité des populations de pics est élevée, alors qu'elle est quasiment nulle dans la plupart des forêts de l'Europe de l'Ouest aménagées pour l'accueil du public ou la production de bois d’œuvre.
 

Famille : Picidés

Genre : Dendrocopos

Espèce : major

Lieu de vie : de la taïga arctique jusqu'aux régions méditerranéennes

Noms :

Nom français : Pic épeiche

Nom estonien : Suur-kirjurähn

Nom russe : Большой пёстрый дятел

Nom anglais : Great Spotted Woodpecker

Nom allemand : Buntspecht

Statut de conservation :

  • En France : Tous les pics sont des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire. Arrêté du 17/04/1981, publié au JO du 19/05/1981.
  • En Europe : Protégé partout (inscrit à l'annexe II de la Convention de Berne). Apparemment peu menacé.
  • En Estonie : Protégé bien sûr, vous pourrez admirer au minimum un couple à Palsi talu.

Biométrie :

Taille : 24 cm

Envergure : 34 à 39 cm

Poids : 70 à 98 gr

Longévité : 11 ans

 

Le Pic épeiche (C’était l’oiseau de l’année 2016 de BirdLife Suisse) vit dans les forêts, les jardins et le paysage cultivé arboré. Il se nourrit principalement de larves d’insectes et, en automne et hiver, aussi de fruits et de graines. Comme foreur de cavités, le Pic épeiche dépend des grands et vieux arbres. Le maintien de ces éléments dans les villes et villages, en milieu agricole et dans les forêts est donc important.

Populaire et connu

De tous les pics, l’épeiche est probablement le plus répandu et le plus connu. Il vit partout où il y a des arbres d’un certain diamètre, aussi bien dans les agglomérations qu’en forêt ou en milieu agricole. Ce pic, de la taille d’un merle, est principalement noir et blanc ; seul le bas-ventre présente une tache rouge vif. Le mâle porte une petite tache rouge sur la nuque, les juvéniles ont une calotte rouge. La femelle du Pic épeiche n’a pas de tache rouge à la nuque.

Intelligent et polyvalent

Avec son bec puissant et avec sa force, le Pic épeiche creuse le bois pourri pour en extraire les larves d’insectes à l’aide de sa langue spéciale munie de crochets. En automne et hiver, surtout, les fruits et graines font également partie de son régime alimentaire. Les pives et les noisettes sont coincées dans une fourche ou une crevasse d’arbre, puis ouvertes avec le bec pour atteindre les graines succulentes. Le Pic épeiche utilise de telles « forges de pic » régulièrement. Au printemps, il perfore parfois les arbres d’une série de trous et lèche la sève.

Pas de maux de têtes pour le pic

La parade des Pics épeiches commence dès février en Europe de l’Ouest. Les mâles tout comme les femelles tambourinent sur des troncs creux pour annoncer la recherche d’un partenaire et délimiter par la même occasion leur territoire. Ce tambourinage porte sur une longue distance, audible jusqu’à 800 mètres alentour. Le bec et la tête du pic sont alors soumis à d’énormes pressions. Grâce à du cartilage compressible, un cerveau très bien protégé et une mandibule inférieure, qui disperse partiellement la violence des coups dans le reste du corps, le pic n’a pas de maux de tête. Son bec solide, sorte de ciseau à bois, frappe entre 5 et 20 coups par seconde, à une vitesse estimée de 25 km/h. C’est d’autant plus impressionnant que, sur une journée, l’oiseau actionne son marteau piqueur près de 12 000 fois!

Grâce à ses rectrices renforcées, sur lesquelles il peut s’appuyer, et son doigt postérieur qu’il peut placer selon les besoins, le Pic épeiche peut grimper sur les troncs avec aisance. Après l’accouplement, la femelle pond environ 6 œufs blancs dans une cavité d’arbre. Les jeunes y grandissent en toute sécurité. Peu avant l’envol, on peut entendre crier les jeunes intensivement depuis leur trou.

Rôle important dans l‘écosystème

Comme les Pics épeiches n’utilisent leur loge généralement qu’une seule saison de nidification, des cavités se libèrent régulièrement. De nombreuses espèces animales viennent ensuite loger dans ces trous de pic. En font partie les mésanges, la Sittelle torchepot (vraiment commune à Palsi talu !), le Gobemouche noir et des chauves-souris, mais aussi le loir gris, le muscardin et de différents insectes, comme les frelons (que nous protégeons et que vous pouvez observer à Palsi talu) ou les guêpes ou des coléoptères du bois mort. Il est donc essentiel de conserver les arbres à cavité.

Ambassadeur des grands arbres et les haies dans les agglomérations...

Les grands arbres indigènes n’ont souvent plus leur place dans les quartiers densément construits. Il faut les réintégrer sciemment lors de projets de construction. Ils ne représentent pas seulement un habitat pour le Pic épeiche et consorts, mais donnent aussi du cachet à un quartier, tempèrent l’atmosphère en été et filtrent la poussière. Les haies composées d’arbustes indigènes fleurissent au printemps et colorent nos automnes avec leurs baies appréciées de nombreuses espèces animales.
... et en milieu agricole

Le Pic épeiche vit aussi dans le milieu agricole, pour autant qu’il y trouve des habitats bien pourvus en grands arbres : haies hautes, allées, bosquets, vergers. De nombreuses autres espèces profitent de ces paysages richement structurés. Les grands et vieux arbres, appelés arbres biotope, sont des éléments importants dans les forêts. Souvent, ces géants de la forêt abritent une grande diversité en espèces : les cavités, l’écorce crevassée et la couronne offrent un abri, un site de nidification et de la nourriture pour les insectes, les chauves-souris et les oiseaux.

En s’attaquant aux troncs, le pic épeiche favorise aussi la colonisation des arbres morts par les champignons, les insectes xylophages de type coléoptères, dont l’action aide la décomposition. «Il participe ainsi au cycle de la nature», indique Michel Antoniazza (Ornithologue suisse averti) qui précise que le pic épeiche s’en prend le plus souvent à des arbres dépérissants.

Un omnivore gastronome

Ce pic bigarré (une jolie tache rouge vif au bas-ventre et une seconde plus petite sur la nuque des mâles s’ajoutent à son plumage noir et blanc) agit davantage en gastronome averti que par pure philanthropie. Car, dans le bois pourri des vieux arbres, il débusque les larves dodues des coléoptères. A ce propos, il se murmure dans les milieux autorisés que l’ouïe du pic est suffisamment développée pour lui permettre d’entendre le bruit du grignotage de ces larves qu’il affectionne tout particulièrement. Il creuse ainsi de manière très précise et extrait son menu grâce à une langue dont il se sert comme d’un efficace ustensile de cuisine. Rétractile, elle peut en effet sortir d’une dizaine de centimètres hors de son bec et ainsi accrocher les larves grâce aux petits crochets qui se trouvent à son extrémité.

Sa pitance, le pic épeiche ne la trouve pas exclusivement enfouie dans les arbres. Omnivore, il ingurgite volontiers des graines de pives ou des noisettes, qu’il ramasse à même le sol, souvent après les avoir fait tomber. Pour y goûter, il a une astuce. Ou plutôt une méthode bien rodée. Il coince le fruit dans une crevasse et pulvérise son enveloppe à coups de bec. Visiblement gourmet, il fait évoluer ses menus au gré des saisons. Il perfore au printemps les arbres pour en lécher la sève. A l’été, il ne crachera pas sur les chenilles et autres insectes qu’il pourra dénicher sur des feuilles.

 

Note sur les pics :

La destruction des forêts primaires d'Afrique, d'Asie et d'Amérique apparaît comme la cause directe de la disparition rapide de nombreuses espèces de pics. Le pic à bec d'ivoire (Campephilus principalis), commun au XIXe siècle dans le sud des États-Unis et en Amérique centrale, a été totalement éradiqué en une cinquantaine d'années. Malgré la protection tardive des derniers lambeaux de son habitat naturel et son inscription à l'annexe I de la Cites, on peut le considérer comme probablement éteint.

Le pic mar a presque totalement disparu de la Scandinavie en peu de temps en raison de l'enrésinement à but commercial de la forêt, au détriment des vieilles futaies (chênes…). En France, si le pic mar est encore présent, on peut craindre que l'augmentation des surfaces enrésinées et le rajeunissement des classes d'âge des arbres contribuent à la diminution de ses effectifs, déjà constatée ici et là.

 

Références utilisées :

IOC World Bird List (v4.3) - Gill, F and D Donsker (Eds). 2014.

HBW Alive

Birdlife, http://www.birdlife.ch/fr/content/oiseau-de-lannee-2016-pic-epeiche

Avibase :

http://avibase.bsc-eoc.org/species.jsp?lang=FR&avibaseid=BC863B3A&sec=summary&ssver=1

IUCN Red List

http://www.oiseaux.net/oiseaux/pic.epeiche.html

http://www.mrugala.net/Nature/Animaux/Pic%20Epeiche/Pic%20Epeiche.htm

http://beh.free.fr/cm2000/pic/

http://www.larousse.fr/encyclopedie/vie-sauvage/pic_%C3%A9peiche/184860#e5Jb74JgkJXLBA87.99

 

Suur-kirjurähn

Suur-kirjurähn on ilmselt kõige enam tuntud rähniliik. Ta on ilusa kirju sulestikuga lind. Valdavad on kontrastsed must ja valge, aga sabaalune on helepunane ning ka laubal asub punane laik. Isaslindudel on lisaks veel punane kukal. Iseloomulikud on talle veel väga pikk kleepuv keel, mida on hea putukakäikudesse sisse lükata, et sealt toitu kätte saada, ja väga jäik ning teravatipuline saba, mis on puutüvel tegutsedes tänuväärseks toeks.

See Euraasias ja Aafrikaski laialt levinud lind on ka Eestis väga sage. Elupaigaks on talle kõikvõimalikud puistud: alates asulates olevatest aedadest kuni suurte metsade keskosadeni välja. Meelispaigaks on aga niisked kuuse-segametsad. Vanemad kaitsevad koos agaralt oma territooriumi. Eriti häälekad on isaslinnud veebruarist aprillini, mil algab pesitsusaeg. Sel perioodil trummeldavad nad vahet pidamata.

Toitu hankides toksib rähn palju aeglasemalt ja vaiksemalt. Sel ajal meeldib tal segajatega ka peitust mängida. Nimelt kui inimene märkab rähni, siis jätab viimane mulje, et ei näinud ohtu ja libiseb nagu muuseas puu teisele küljele. Tegelikult märkab ta kõike ja selles võite varsti veenduda, kui näete teda vargsi puu tagant piilumas, "ega te lõpuks ometi ära ei ole läinud".

Esmalt laskub suur-kirjurähn oma toidupuu alusele ning siis hakkab järjest kõike hoolikalt läbi kontrollides üles liikuma. Nii võib ta tõusta rohkem kui 15 meetri kõrgusele puu otsa. Suvel on tal põhitoiduks putukate vastsed ja valmikud, aga talvel tarvitab rohkelt okaspuude seemneid. Selleks asetab ta käbi puuprakku ja hakkab nokalöökidega seemneid välja peksma. Sellise sepikoja läheduses võib tihti leida väga palju lammutatud käbisid. Vajadusel võib rähn ka puuprao käbi jaoks ise raiuda.

Pesaõõnsuse valmistab rähnipaar harilikult 2...8 meetri kõrgusele haavapuusse. Selle sügavus on kolmandik meetrit ja sissepääsu läbimõõt viis sentimeetrit. Aprilli lõpul või mai algul muneb emarähn 5...7 muna otse õõnsuse põhjale. Pärast paarinädalast haudumist kooruvad pimedad ning abitud pojad, kes aga peagi hakkavad suurt näljakisa tegema. Nad on nii aplad, et vanemad peavad neile iga paari minuti järel uue toidupala tooma. Söömisest on aga ka kasu, sest juba kolmenädalaselt võivad nad pesast lahkuda.

Suur-kirjurähn on hulgulind, osa meie rähne lendab talvel lõuna poole ja teised tulevad põhja poolt asemele. Ei kuulu looduskaitse alla.

http://bio.edu.ee/loomad/Linnud/DENMAJ2.htm

Nichoir pour pic épeiche

Rédigé par Marika and Joel Kuhlmann

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